Lettre n°24 – Mai 2021

Logo SHAS

Sucy, points d’histoire

Lettre mensuelle de la Société Historique et Archéologique de Sucy-en-Brie (shas.fr)

Sucy par chemins et sentiers

Sentier de la coulée verte, à Sucy-en-Brie

Sucy fut pendant longtemps un village rural construit sur un plateau et son versant descendant vers la Marne et resserré avec un habitat enchevêtré.
Le terroir était composé de très petites parcelles (2 ha pour la plupart et 5 au maximum) et consacré à la culture de la vigne et des vergers.
Cette configuration avait amené à une desserte par chemins et sentiers.
C’est ainsi que l’on avait 41 chemins et 24 sentiers.

Les chemins étaient classés en plusieurs catégories :
–    les chemins de grande communication
–    les chemins vicinaux joignant les bourgs voisins
–    les chemins ruraux et forestiers, parfois appelés sentiers, qui permettaient l’exploitation des terres.
 Les chemins en ville ont disparu et sont devenus routes, avenues, rues, parfois en ayant changé de tracé.

Parmi les chemins disparus, on peut citer :
– le chemin dit Grande Voie de Noiseau et le chemin du cimetière. Les deux partaient du Chemin de la Procession (actuellement rue du même nom)
Le premier se dirigeait vers Noiseau et figurait sur un plan dès 1412. Le second faisant le tour du cimetière a disparu lors de l’extension du nouveau cimetière en 1920.
    – le chemin des grais (ou grès), ancien chemin de la « vieille voie » puis du Gros Buisson figure sur ce même plan de 1412 puis sur un plan appartenant au chapitre Notre Dame en 1691 et enfin sur le cadastre napoléonien de 1811. Il disparaît dans les années 1879-1880 lors de la construction du Fort.
    – le chemin de la Fontaine de Villiers (ancien chemin de Villiers au Bois Notre Dame) partait du chemin de la ceinture du Fort et se dirigeait vers le chemin de grande communication et allait de Villeneuve St Georges à la Queue en Brie.

Les deux chemins disparaissent en 1968 lors de l’implantation de la ZAC du Fort.
Les chemins ayant perdu leur nom de chemin sont nombreux :
Ainsi le chemin des Picards devenu rue Charlotte et Roger Bouchard ou le chemin des Monrois devenu rue de la Cité Verte …
Les chemins ayant gardé leur nom de chemin vont vers le Bois Notre Dame et le traversent : ainsi du chemin du Bois Grand Val et le chemin dit Route de la Mare ou de la Gueule Noire devenu chemin de la Gueule Noire.

Certains sentiers bénéficient même d’un éclairage public


Mais Sucy présente la particularité du maintien de sentiers ruraux au cœur de la ville.
Les sentiers étaient plus étroits que les chemins, généralement 1m33 de large.

Mais, dès la fin du XIXe siècle, le conseil municipal fait dresser un état des chemins ruraux qui prévoyait l’élargissement de certains sentiers :
– le sentier des Picards fut ainsi porté à 8 m et est devenu rue de Sévigné, comme le chemin du Clos Bourgoin devenu rue du même nom.
– le sentier du Clos de ville devenu rue du Clos de ville
– le sentier de Lacarrière et le sentier de Chaumoncel portés à une largeur de 7m et devenus aussi rues du même nom.

Mais le plus intéressant, c’est la survivance de sentiers ruraux maillant la ville et ses quartiers.
    – Dans le quartier Montaleau, le sentier du Bas Picard . Le sentier du Vieux Val entre la rue des Fontaines et le sentier de la Chaussée.
    – Dans le quartier des Fonds de Noiseau et des Pendants, le sentier des Bas Pendants sépare les Hauts Pendants des Bas Pendants et se termine au sentier d’Amboile (le terme de pendant désigne peut-être des arpents de terre en pente). Dans ce même quartier le sentier de la Fontinette commence à la petite voie de Noiseau et se termine avenue de la Chapellerie.
    – C’est surtout dans le quartier du Clos de ville, notamment la partie comprise entre la rue de Brévannes, l’avenue du Petit Val et la rue Albert Dru que subsistent plusieurs sentiers ruraux liés à la parcellisation du territoire au Moyen Age et aussi au lotissement de ces terrains dans les années 1990 avec des remembrements et des constructions.

Ainsi, ce quartier est sillonné de sentiers plus ou moins longs :
– le sentier des Clos (le nom « clos » désignant des terrains cultivés entourés de murs et de haies). Ce sentier est visible sur le plan de 1691 et apparaît sur le cadastre de 1811
Il laisse à sa droite le court sentier du Clos de ville qui longe le jardin des senteurs et les vignes.
– le sentier de la Fabrique (nom de la petite équipe de notables qui gérait les biens temporels de l’Eglise)
– le sentier de la Garenne, long de 330m, part du sentier de la Fabrique, laisse à droite le sentier du Bas-Boulard, croise la rue des Boulards pour rejoindre le sentier des Longaines (dont le nom signifie bourbier, cloaque, dépotoir ?)
– le sentier du Bûcher tire son nom des Bucherons qui préparaient le charbon de bois, il se prolonge après avoir traversé la rue Albert Dru, par le sentier du Bertou.
En bordure de ce quartier, on trouve deux sentiers :
– le sentier du Bois Guyard, cité dès 1412, qui va de la rue du Clos de ville à la rue de Boissy.
– le sentier des Luards, agréable sentier rural, mentionné lui aussi en 1412.

Sentier accès du jardin des senteurs (accès au 12 rue des Remparts)

La présence de nombreux sentiers renforcée, particulièrement dans le quartier du Clos de ville, par les dispositions qui incitent à éviter les murs et privilégient les grillages et haies végétales, donne à la ville un charme réel.
Ainsi dans cet espace urbain on peut se promener dans une nature visible et préservée.

De nombreux sentiers sont présents dans le secteur du clos de ville (source GoogleMap)

La prochaine exposition de septembre 2021 : “Dame Nature et Sucy”

Malgré le confinement, la SHAS prépare sa prochaine exposition. Le thème choisi est le suivant : “Dame nature et Sucy“. Ce thème tiendra compte aussi bien du passé que du présent.
Pour l’instant uniquement des réunions virtuelles Zoom pour certains membres de la Shas, mais le travail avance.